1 LE SECTEUR DE L’INSONORISATION INDUSTRIELLE
L’insonorisation industrielle (à ne pas confondre avec le secteur de l’isolation) s’attache à prévenir, modéliser et corriger les bruits et vibrations générés par les machines et les groupes de climatisation.
Elle est dès lors active :
-soit dans les industries très bruyantes (ex : sciage chez les fabricants de fenêtre)
-soit dans l’ensemble des industries pour atténuer le bruit sur les chaînes de fabrication à l’aide de capots/cabines (ou de plots à ressort pour les machines vibrantes)
-soit dans le secteur du bâtiment, en ce qui concerne les gaines et groupes aéroréfrigérants
Les prescripteurs sont :
-soit la DRIRE (en cas de manquement à l’insonorisation extérieure)
-soit la CRAM (protection des salariés)
La législation européenne (directive 2003/10CE) et le Code du Travail interdisant des expositions à plus de 87 dB(A) et exigeant diverses mesures dès 80 dB(A).
On peut classer les acteurs en 2 groupes :
-des bureaux d’études BE), capables :
-d’effectuer des campagnes de mesure
-d’analyser les nuisances et proposer des solutions
-de dimensionner les équipements proposés
-d’accompagner leur mise en place
-des équipementiers, qui vont :
-fabriquer (presque toujours sur mesure) des réducteurs de bruit (capots, cabines,..)
-les livrer ou encore les installer chez le client
Ajoutons que certains acteurs intègrent toute la chaîne (de l’étude jusque l’installation), possédant alors leur propre bureau d’étude, à vocation interne et éventuellement externe.
2 BESOINS D’ASSURANCES DU SECTEUR
21 Pôle Bureau d’études :
Le bureau d’études en insonorisation aura besoin, comme tout bureau d’études :
-d’une assurance Responsabilité Civile (qui couvre toutes les demandes pécuniaires qui pourraient lui être faites de l’extérieur (erreurs de calculs, non-respect des normes, défaut de conseil…)
-d’une Responsabilité Civile Décennale, relevant du Code de la Construction.
En effet, toute entreprise (architecte, maçon, électricien) qui participe à la construction ou la rénovation d’un « ouvrage » doit répondre, durant 10 ans, des malfaçons pouvant :
-soit menacer la solidité de l’immeuble (structure d’insonorisation trop lourde qui fragilise une dalle)
-soit le rendre impropre à sa destination (écran acoustique défectueux interdisant l’usage de la terrasse d’un restaurant)
Les assureurs sont très réticents à fournir des polices (ou à les fournir à des prix raisonnables), estimant que, même en partant d’une étude aux honoraires modestes, les conséquences en termes de sinistre peuvent être très importantes.
La sinistralité et l’ancienneté dans le métier influeront sur le prix de la police.
On peut aller jusqu’à dire que les primes sont -même en l’absence de sinistres- astronomiques (jusqu’à 5% ou plus du CA HT du BE).
Pour donner une image, les 6 ou 8 ingénieurs et techniciens présents dans le « bureau » où sont conçus les modélisations vont « consommer » autant de budget d’assurance que le reste de l’usine ou l’ensemble de la flotte de véhicules !
22 Pôle équipementiers (constructeurs/installateurs) :
Ces entreprises (ou ces parties d’entreprises) ont, a priori, des besoins similaires à toute entreprise industrielle :
-Responsabilité civile
-assurance Dommages (machines, pièces, stock matières premières, semi-finis et finis)
-éventuellement assurance Bris de Machines (voir infra)
-perte d’exploitation (si un sinistre matériel semble devoir entraîner une perte financière)
-flotte de véhicules…
Responsabilité civile :
L’assureur va souvent noter que les éléments d’insonorisation peuvent être installés dans des environnements sensibles :
-chaînes de l’industrie automobile
-lignes de fabrication (typiquement en agroalimentaire)
chaînes et lignes qu’il conviendra de ne pas immobiliser
-aéronautique
-datacenters
-toits d’immeubles en construction
Assurance Dommages :
Les assureurs classent (à juste titre) nos entreprises dans la catégorie “travail des métaux”, qui est en réalité (sauf aux yeux du profane) peu dangereuse, dans la mesure où la « charge calorifique » est très faible (presque rien à brûler. Seule attention à porter : les cabines de peinture.
Les stocks de matériaux isolants peuvent être conséquents (mais souvent faits de laines de roche non combustibles).
Les parcs-machines sont souvent imposants (plieuses, poinçonneuses, cisailles,..) mais anciens. Tout au plus veillera-t-on à assurer en « bris de machine » des équipements récents et couteux.
Les stocks de produits finis sont modestes (livraison « immédiate » des composants faits sur mesure).
Les postes de travail sont en général bien identifiés et séparés les uns des autres (bâtiments spacieux).
Le risque de vol est limité.
Le soudage enfin, nécessairement présent, n’est pas de nature à effrayer l’assureur.
Et d’une manière générale, l’assureur exigera la présence des éléments de sécurité courants (Q4, Q18,..).
Décennale :
Nous avons déjà évoqué l’assurance responsabilité civile décennale du bureau d’études (qui est en définitive l’équivalent de n’importe quelle profession intellectuelle du bâtiment).
Le « réalisateur » (l’équipementier) risque de ne pas échapper à cette assurance.
En effet, sauf quand il se contente de livrer ou faire enlever son produit fini, l’équipementier est souvent conduit à en effectuer le montage in situ.
Dès lors, s’il est amené à réaliser (ou faire réaliser) une chape, un renfort de charpente métallique ou autre, il tombe sous le coup de la décennale.
Décennale pas forcément facile à obtenir (de plus à bon prix) même si le CA « pose » est très faible.
CONCLUSION :
Le secteur de l’insonorisation industrielle est en pointe (montée des normes, notamment acoustiques).
Ce secteur marie de manière originale :
-en amont, des méthodes et moyens de calcul de bruit très sophistiqués
-en aval, des processus de fabrication somme toute assez frustres (travail du métal)
Heureusement, le secteur n’est pas mal noté par les assureurs (sauf la partie BE).
Le point d’attention pourra être ce qui semble au départ accessoire (vs l’importance de l’équipement industriel), à savoir les assurances décennales, celles du BE bien sûr et aussi celles qu’entraîne la pose chez le client.
PS : N’ont pas été évoqués ici les polices non spécifiques (comme les collectives, la responsabilité du dirigeant, le cyber
