Une info par jour, jour 4: Le plan de continuité d’activité (PCA)

Le plan de continuité d’activité (PCA)

La crise du coronavirus a contraint TOUTES les entreprises à adopter des organisations dégradées, typiques de périodes de crise.

Les plus organisées ont alors mis en œuvre leur Plan de Continuité d’Activité. De quoi s’agit-il ?

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Le PCA ne doit pas être confondu avec le «plan de continuation d’activité » (qui est du ressort du traitement légal de résolution des difficultés des entreprises), même si l’un peut malheureusement appeler l’autre…

Selon le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale), un plan de continuité d’activité (PCA) a pour objet de « décliner la stratégie et l’ensemble des dispositions qui sont prévues pour garantir à une organisation la reprise et la continuité de ses activités à la suite d’un sinistre ou d’un événement perturbant gravement son fonctionnement normal ».

1 Contenu du PCA :

Un PCA est nécessairement un plan évolutif car les priorités de l’organisation évoluent avec les modifications d’objectifs, d’obligations contractuelles ou réglementaires, de relations avec des partenaires externes (fournisseurs ou clients) et d’appréciation du risque. Il doit être revu régulièrement pour tenir compte de l’évolution de ces paramètres.

Toute personne en charge d’une action relevant d’un PCA doit connaître précisément

son rôle et ce qu’elle doit faire concrètement en cas de sinistre. Elle doit également comprendre la finalité recherchée, afin d’inscrire son action dans la cohérence globale de l’organisation. Cet impératif est un gage de flexibilité et d’efficacité.

La direction doit s’engager très fortement dans l’élaboration du PCA. Le plan ne se délègue pas.

Le plan doit contenir :

Le contexte :

les objectifs et obligations de l’organisation, dont la description se prolonge logiquement par la liste des activités essentielles pour l’atteinte des objectifs et la tenue des obligations, ainsi que par la liste des processus clés, nécessaires au fonctionnement des activités essentielles.

Les risques :

Les risques retenus comme les plus graves pour la continuité d’activité doivent être clairement explicités au moyen de scénarios. Comme on le verra plus loin, il est fortement recommandé de conduire une analyse complète des risques, de façon à disposer d’une grille d’évaluation et de critères objectifs pour décider des priorités. Néanmoins, en l’absence d’une démarche de gestion des risques, une approche par scénarios (par exemple une crue, une pandémie grippale, la destruction d’un site), focalisée sur les conséquences sans décrire les causes, peut suffire à élaborer une première version de PCA simplifié.

La stratégie :

La stratégie de continuité d’activité, établie et décrite en précisant, pour chaque activité essentielle, les niveaux de service retenus et les durées d’interruption maximales admissibles pour ces différents niveaux de service, ainsi que les ressources et procédures permettant d’atteindre les objectifs, en tenant compte des ressources critiques qui peuvent avoir été perdues, jusqu’à la reprise de la situation normale.

Le rôle des différents responsables :

les procédures de mise en œuvre du PCA et les moyens nécessaires doivent être explicités. Les dispositifs préconisés, une fois intégrés dans les moyens et procédures de l’organisation, doivent être précisés et documentés.

Le dispositif de gestion de crise :

Ce dispositif permet de conduire la mise en œuvre du PCA en assurant le pilotage des actions de réponse et de gestion de l’incertitude, à travers les procédures de détection d’incident, de qualification, d’escalade, d’alerte, de mobilisation, d’activation de la cellule de crise, d’anticipation, d’intervention, de déclenchement des dispositions du PCA (solution palliative, mode secours avec fonctionnement dégradé, plan de reprise de l’activité normale) et de communication.

La maintenance opérationnelle du plan.

Cette action essentielle consiste en premier lieu à établir des indicateurs permettant de vérifier et mesurer :

La bonne mise en œuvre des dispositifs préconisés dans le plan.

En amont : l’efficacité du plan au regard des objectifs de continuité.

En aval (durant une crise): les niveaux de service constatés sur les activités essentielles, le fonctionnement des processus spécifiques au PCA et la disponibilité des ressources de secours.

La maintenance opérationnelle consiste ensuite à mettre en place les dispositifs de mesure relatifs à des tests périodiques, à des exercices ou à un sinistre vécu. Elle se traduit enfin par l’identification des axes de progrès et le suivi des améliorations apportées au plan.

2 Méthodologie :

9 étapes doivent être suivies :

1 Bien préciser le contexte et le périmètre du PCA (filiales, sites, activités,..).

2 Identifier les objectifs et obligations de l’organisation dans le périmètre retenu.

3 Formuler des besoins de continuité destinés à faciliter l’atteinte des objectifs et le respect des obligations.

4 Identifier, grâce à l’étude des risques, les scénarios de crise qui justifient une démarche de continuité et définir parmi eux un ordre de priorité.

5 Confronter les besoins de continuité aux scénarios retenus.

6 Concevoir et formaliser une stratégie de continuité (et de reprise de la situation normale) visant à répondre aux scénarios retenus.

Cette stratégie doit résulter de l’optimisation entre d’une part les exigences opérationnelles et leur coût pour respecter les objectifs de continuité, et d’autre part le coût et l’acceptabilité de l’interruption de l’activité (appréciés en fonction de la probabilité de survenue des scénarios).

7 Définir, dans le cadre de la stratégie, les priorités en termes de ressources et de procédures .

8 Définir les rôles des différents responsables pour mettre en œuvre, dans les délais prescrits, les ressources et procédures.

9 Concevoir et décliner les dispositifs de vérification, de contrôle et d’évolutions régulières du plan.

Un plan qui n’est pas testé au préalable « à froid » est sans valeur.

3 Et les assureurs ?

La plupart des documents existants traitent rarement des relations avec les assureurs dans le cas d’étude et de mise en œuvre d’un PCA. Pourtant, les assureurs ou leurs intermédiaires proposent de plus en plus des prestations de conseil.

Conseils en amont

Les assureurs sont des prescripteurs de solutions à mettre en œuvre pour réduire les risques auxquels les entreprises assurées sont exposées. Le PCA fait donc de plus en plus l’objet d’une attention particulière de la part des assureurs car ils y ont un intérêt évident. En effet, une entreprise qui a étudié un PCA est mieux préparée à un événement majeur pouvant impacter gravement son activité. Elle va mettre en œuvre les solutions de maîtrise de la situation, appropriées et dans un délai suffisamment court pour réduire l’impact de l’événement.

Les assureurs vont donc inciter leurs assurés à préparer ce PCA en leur fournissant, éventuellement, les conseils afin de mener cette démarche. L’incitation d’un assureur auprès de son assuré peut aller jusqu’à moduler la tarification qu’il va appliquer à l’entreprise et donc le niveau de cotisation d’assurance.

Les conseils peuvent être donnés par l’ingénieur-prévention de la compagnie d’assurance, lors des visites de risques régulières. L’ingénieur s’attachera, en partenariat avec l’assuré, à identifier et hiérarchiser les vulnérabilités de l’entreprise pour ensuite imaginer des scénarios de sinistre et des réponses possibles à ces situations de crise. Ces conseils peuvent aussi se faire par l’intermédiaire d’une prestation spécifique, éventuellement rémunérée, exécutée par un ingénieur-prévention de la compagnie d’assurance, ou par un expert sollicité par l’assureur pour le compte de l’assuré.

Assistance et intervention en aval

Lorsque l’évènement redouté survient et nécessite d’activer les procédures du PCA, l’assureur va mettre à la disposition de l’entreprise sinistrée différents moyens d’assistance, qui peuvent comprendre :

la participation à la cellule de crise ;

la mise à disposition d’une plateforme téléphonique pour prendre en charge tous les appels extérieurs ;

le conseil pour le choix des entreprises spécialisées dans le nettoyage, la décontamination, le sauvetage des bâtiments et des outils de production ;

le conseil pour le choix de loueurs d’équipements de remplacement ;

l’assistance technique pour définir le programme de reconstitution de l’outil de travail ;

le financement éventuel des moyens spécifiques liés au PCA à condition de valider en amont les solutions mises en œuvre car en principe, ce financement n’entre pas dans le cadre des contrats d’assurance habituels ;

Conclusion : La démarche simplifiée

La démarche simplifiée consiste, partant des effets possibles sur le fonctionnement de l’organisation et en ne s’intéressant qu’aux actions qui permettent de résister au choc, à maintenir les activités essentielles puis à assurer une reprise normale de l’activité.

L’entreprise peut donc commencer très simplement avec un plan tenant sur 2 pages:

-une liste des responsables avec leur téléphone d’urgence

-une vérification effective des moyens d’accès à distance de ses sites

-un inventaire limité de partenaires sur qui s’appuyer

-des messages pré-rédigés

-une sélection de machines, d’opérateurs à privilégier

4 règles à suivre :

Impliquer la Direction Générale ;

Ne pas mettre en danger l’entreprise ;

Opter pour des validations progressives ;

Noter régulièrement les améliorations nécessaires, souhaitables et possibles.

Comment s’organiser ?

Par « temps calme », vous pouvez préparer un PCA avec vos équipes ; un tel plan est source de renforcement de la cohésion et de la productivité.

N’hésitez pas également à mobiliser votre courtier en assurances sur ces sujets qui le concernent au plus haut point.

Une info par jour, jour 3: l’assurance des évènements

Vous montez un évènement :

            -l’entité qui vous loue la salle vous demande une attestation

            -vous vous interrogez légitiment sur vos couvertures

Votre évènement peut être parfaitement couvert, car vous avez prévu dans vos polices annuelles cette possibilité.

Sinon, vous devez réfléchir sous plusieurs angles :

1 Votre responsabilité civile

Votre police annuelle peut prévoir X évènements de Y personnes que vous organisez.

Sinon, vous devrez couvrir votre RC Organisateur d’évènement, qui comprendra :

. Dommages corporels, matériels et immatériels consécutifs

. Dommages aux biens mobiliers se trouvant dans les locaux occupés temporairement

. Faute inexcusable

. Atteinte à l’environnement

. Intoxications alimentaires

. Défense Recours

2 La protection du public :

Ces contrats permettent de régler rapidement des sommes forfaitaires à des victimes.

Le principal intérêt est d’éviter à l’organisateur d’être débordé sous les demandes. De plus, cette assurance évite d’utiliser la RC Organisateur pour dédommager les victimes (elle « protège » la RC).

3 Vos biens :

Vos matériels que vous amenez sur place

4 Annulation :

Les causes d’annulation sont nombreuses : technique, politique, météo, artistes,..

Cette partie vous protège contre les pertes de billetterie suite à annulation, alors que vous devez payer le lieu, les cachets, etc…

Une info par jour, jour 2: Le dirigeant de fait

Le dirigeant de droit est celui qui, désigné par les statuts, est supposé diriger la société : gérant, président,…

Dans la pratique cependant, c’est parfois une autre personne qui est aux commandes : la femme du dirigeant, un consultant, un salarié, un ami…

Chacun sait que le dirigeant de droit est exposé, qu’il doit rendre compte de ses actes, y compris éventuellement après la disparition de la société.

D’où l’existence de l’assurance Responsabilité Civile du Dirigeant, qui permet au dirigeant de se défendre et protège son patrimoine personnel.

Cette assurance des dirigeants couvre « les dirigeants de droit et de fait » (sans qu’ils soient dénommés, d’ailleurs). Une vraie sécurité pour ces fameux dirigeants de fait, qui s’ignorent dirigeants, parfois.

Quels sont les critères pour être dirigeant de fait ?

         -il se comporte en dirigeant

         -il agit en toute indépendance

On va ainsi regarder s’il signe les marchés, embauche,..

Entre le dirigeant de droit et de fait, 3 situations :

-la direction est simplement « attribuée » au dirigeant de fait (qui est un homme de paille)

         -ils agissent de concert

         -le dirigeant de fait est indépendant

Toute personne qui s’immisce dans la gestion (un administrateur par exemple) peut se voir poursuivi.

Une info par jour

Frenchbrokers a l’ambition de publier… un article par jour!

Sur de multiples sujets d’assurances, sur des notions méconnues, ..

Au fil du blog, nous espérons vous aider à accroitre votre culture-assurance.

Bonne lecture!

Assurance des activités liées à l’amiante

1 Introduction :

Deux villes en Amérique du Nord portent des noms tristement célèbres car associées à des maladies :

-la ville de Lyme, dans le Connecticut (USA), associée à la maladie éponyme

-la ville d’Asbestos, du nom de l’amiante en anglais, ville qui vient même de décider de se rebaptiser

2 Historique :

Dès le XIXème siècle, l’amiante (ou asbeste) est remarquée pour ses nombreuses propriétés de résistance au feu et à diverses agressions.

Elle fut dès lors massivement intégrée à des colles, des mastics, des plaques d’amiante-ciment, des dispositifs de calorifugeage.

Cependant, dès les années 1890, on détecte son caractère nocif pour la santé : fibrose pulmonaire, cancers,…

3 Législation :

La France interdit l’emploi de ce matériau le 1er janvier 1997 par le décret 96-1133 du 24 décembre 1996, pris en application du Code du travail et du Code de la consommation.

En 1998, un « Fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante » (FCAATA https://retraitesolidarite.caissedesdepots.fr/fcaata) est créé. Les fonctionnaires en sont exclus.

En décembre 2000, un « Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante » (FIVA http://www.fiva.fr) est voit le jour.

En novembre 2002, la norme AFNOR NF X 46-020 décrit la procédure de diagnostic à utiliser pour déceler la présence d’amiante dans les bâtiments construits avant l’interdiction totale de l’amiante en 1997.

Tout désamiantage ou démolition d’un bâtiment amianté doit faire l’objet d’un plan de retrait déposé à la Direction départementale du travail.

En cas de désamiantage « sauvage », le recours consiste en un appel à l’inspection du travail pour faire cesser le chantier (« constat d’amiante »).

Le 3 juin 2011, un décret modernise la part du code de la santé publique relative à la prévention de ces risques dans les immeubles bâtis, pour protéger les personnes circulant ou travaillant dans des immeubles amiantés.

Le 23 février 2012, un arrêté précise la formation des travailleurs à la prévention du risque amiante :

– Sous-section 3  :                   Désamiantage

– Sous-section 4 :                    Personnes intervenant sur des produits amiantés ou à proximité des produits amiantés

Le désamiantage risque de durer aussi longtemps qu’a duré « l’amiantage » : On parle de curage des bâtiments jusqu’en … 2060.[1]

4 Amiante et assurances :

L’industrie de l’assurance prend très vite ses distances avec ce risque : Dès 1918, des assureurs américains refusent d’assurer les travailleurs de cette industrie.

L’industrie cependant se comporte de manière largement irresponsable, comme la Johns-Manville Corporation :

Fondée en 1858, cette société est spécialisée dans les matériaux anti-feu et les tubes.

Elle équipe de nombreux navires de l’US Navy dès 1945 avec de l’amiante.

Dès 1933, il apparait que son assureur, Metropolitan Life Insurance Company, l’encourage dans la dissimulation des risques liés à l’amiante.

En 1949, le management décide de ne pas tenir informés les travailleurs même malades de leur situation.

En 1982 la Johns-Manville Corporation fait faillite.

Un fonds pour les victimes est créé, abondé à hauteur de 2,5 milliards de USD, qui reçoit près de 89 000 plaintes.[2] Les plaintes ne pourront être honorées qu’à hauteur de 10%.

Il ne faut dès lors pas s’étonner de l’aversion des assureurs pour ce phénomène :

-Au Royaume Uni, 2400 décès annuels sont enregistrés et les assureurs estiment dépenser 200 millions de livres annuels en indemnisation des victimes (source : ABI Association of British Insurers)

-Aux USA, les règlements d’indemnités atteignent 2 milliards de USD annuels, et ce depuis 2002 (source AM Best), même s’ils commencent graduellement à baisser.

-En France, chez Saint-Gobain, le pôle de produits pour la construction, essentiellement à travers Saint-Gobain PAM, est aujourd’hui une « coquille vide » qui gère le passif d’Everite. En effet, la personne morale Everite existe toujours, mais seulement pour les besoins des procès en faute inexcusable intentés par d’anciens salariés. C’est, au sein du groupe Saint-Gobain, en France, l’entité qui doit assumer les conséquences de l’exploitation de l’amiante.

C’est d’ailleurs un souci majeur de Saint-Gobain en termes de procès puisque, du fait de l’activité historique de la société américaine Certain Teed, en grande partie avant son acquisition par Saint-Gobain, un certain nombre de procès complexes relevant du système juridique américain sont en cours.

D’ailleurs, la Compagnie a dû constituer des provisions pour indemniser les salariés. La plupart des provisions sont surtout destinées aux procès américains. Rappelons que, dans le système américain, qui est celui des « class actions », on n’est pas obligé d’avoir une pathologie déclarée pour pouvoir engager un procès.

Les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) sont un autre cas de grande difficulté financière associée à l’amiante (source Senat[3])

5 Les risques de mise en cause pour l’entreprise :

Les entreprises peuvent être attaquées pour des préjudices à leurs employés (51) ou des préjudices à l’environnement (52) :

51 La faute inexcusable de l’employeur :

En cas de reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, la victime d’une maladie liée à l’amiante peut notamment se voir attribuer une majoration de sa rente au titre de la faute de l’employeur qui vient s’ajouter à la réparation déjà intégrale accordée par le FIVA. Pour une personne dont le taux d’IPP est de 100 %, les réparations complémentaires accordées par les Tribunaux des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) au titre du préjudice physique, moral et d’agrément s’échelonnent entre 100.000 et 300.000 euros (source ibid).

La faute inexcusable de l’employeur fait d’ailleurs désormais partie, en standard, des garanties du contrat Responsabilité Civile, avec des montants de garantie croissants.

52 Les responsabilités liées à l’environnement :

3 responsabilités peuvent être invoquées :

521 La responsabilité civile du fait du préjudice écologique :

Depuis la loi du 8 aout 2016, les entreprises doivent réparer les préjudices écologiques liées à leur activité ou à leurs produits. Ex : Une cuve de gasoil fuyarde met en danger une population de batraciens.

            522 La responsabilité civile atteinte à l’environnement (RCAE) :

            C’est la plus ancienne garantie, présente de base dans les contrats. Cette responsabilité est engagée en cas de dommages corporels, matériels et immatériels subis par les tiers, et résultant d’une atteinte à l’environnement consécutive à un accident imputable à son activité. Ex : Explosion du transformateur de l’usine.

            523 La responsabilité environnementale :

            Elle résulte du principe « pollueur-payeur » de la loi du 1er aout 2008. A la différence de la précédente, elle intervient même en l’absence de tout dommage à un tiers. Elle prévoit une réparation en nature.

6 Assurer le risque amiante :

61 Le cas des entreprises ne manipulant pas l’amiante :

Les entreprises « ordinaires » peuvent rester fortuitement exposer au risque amiante.

En effet, même interdit depuis 1997, ce matériau est loin d’être éradiqué.

L’entreprise risque d’être confrontée, au sein de son contrat Multirisque Professionnelle », à une exclusion, au chapitre Responsabilité Civile, ainsi formulée :

« Les dommages de toute nature causés par l’amiante, le plomb et le formaldéhyde. »

exclusion difficilement rachetable de manière simple et économique.

L’entreprise qui a une obligation de résultat quant à la sécurité au travail devra veiller aux diagnostics sur son bâti et à la qualité de ses intrants. Le médecin du Travail et le CSE (Comité Social et Economique) seront tenus au courant.

La souscription d’une vraie assurance Responsabilité Environnementale (cf plus haut) peut aussi être un élément de réponse.

Entreprise « ordinaire » et travaux :

Le maître d’ouvrage faisant travailler une entreprise via la sous-section 3 (cf plus bas) doit soumettre un plan de retrait, d’encapsulage[4] ou de démolition réglementaire aux organismes de prévention compétents.

Avant les travaux, c’est en effet le maître d’ouvrage qui a l’obligation de fournir aux entreprises les dossiers techniques amiante prévus par les dispositions règlementaires, notamment le décret n°2011-629 du 3 juin 2011.

Ce n’est donc pas sur les seuls professionnels de l’amiante que repose la gestion du risque.

62 Le cas des entreprises confrontées à l’amiante :

La réglementation les groupe en 2 catégories, sous-section 3 et sous-section 4.

A noter que les équipements de protection individuels et collectifs sont définis en sous-section 1 et 2 (selon le taux d’empoussiérage).

Le Ministère du Travail a produit deux logigrammes permettant de mieux se situer entre sous-sections :

https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/logigramme_amiante_ss3_ss4_immeubles_dgt_040315.pdf
https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/logigramme_amiante_ss3_ss4_equipements_dgt_040315.pdf

621 Sous-section 3, retrait et confinement :

Il s’agit donc pour l’essentiel des entreprises de désamiantage. Leurs employés, soumis quotidiennement au risque-amiante, bénéficient de formation et procédures renforcées.

Les entreprises doivent obtenir des certificats de qualification pour le retrait et le confinement de l’amiante friable et non friable.

Friable/Non friable ?

Depuis le 1er janvier 2014, la certification Qualibat 1552 « Traitement de l’amiante » remplace les précédentes :

la certification Qualibat 1512 (amiante non friable)

la certification Qualibat 1513 (amiante friable).

Cette même norme concerne l’ensemble des activités de retrait et d’encapsulage des matériaux contenant de l’amiante (décret n° 2012-639 du 4 mai 2012).

Les entreprises certifiées 1512 et 1513 ont été reclassées et de nouvelles se sont ajoutées à la certification 1552. Qualibat regroupe 350 entreprises certifiées « Traitement de l’amiante », soit 5 000 professionnels autorisés, dont 350 encadrants techniques.

622 Sous-section 4, maintenance, réparation, entretien :

Il s’agit de toutes les entreprises du 2nd œuvre du bâtiment, exposées occasionnellement :

Electriciens, couvreurs, thermiciens, peintres, bureaux d’étude,..

Le caractère occasionnel rend l’appréhension du risque et de l’assurance nécessaire plus difficile pour ces entreprises.

A noter que des entreprise d’inertage de l’amiante peuvent très bien se retrouver.. en sous-section 4.

Il ne faut pas oublier les professions connexes :

                        Auditeur amiante

                        Repérage amiante avant travaux et démolitions

                        Formateur

                        Laboratoire

                        Diagnostic

                        Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO)

En sous-section 3 ou 4, l’entreprise devra nécessairement s’équiper en :

Responsabilité Civile (Exploitation et Professionnelle)

            La certification Qualibat 1512 prévoir d’ailleurs un contrôle de la possession de cette assurance.

            L’audit siège de pré-certification a en effet pour objectif de vérifier le respect des critères organisationnels et techniques définis dans le chapitre 5 de la norme NF X 46-010, et notamment les assurances

Responsabilité Environnementale (cf plus haut)

Eventuellement en assurance Décennale (RCD), notamment pour l’encapsulage

Idéalement en Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux

Une réflexion ultérieure portera sur les montants de garantie recherchés.

Les assureurs actifs dans le domaine sont peu nombreux.

Les limitations peuvent aussi provenir des clauses des traités de réassurance.

Le marché de Londres (Lloyd’s) peut se révéler d’un grand secours.


[1] Voir ttps://www.team2.fr/article/entretien-valame-traiter-l%E2%80%99amiante-pour-ne-plus-l%E2%80%99enfouir

[2] Voir https://www.iii.org/article/liability-for-asbestos-related-diseases#The%20Beginnings%20of%20Litigation

[3] Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir (rapport)  www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-130.html

[4] activités d’encoffrement, de doublage, de fixation par revêtement, d’imprégnation, en vue de traiter et de conserver, de manière étanche, l’amiante en place et les matériaux amiantés afin de prévenir la dispersion de fibres dans l’air

fibres amiante